Deux précautions valent mieux qu’une!

Après la naissance d’un enfant, la question de la conception ne tarde pas à se poser à nouveau. Minipilule, stérilet, implant ou ordinateur contraceptif … Nous vous présentons les diverses méthodes à disposition et vous expliquons à qui elles conviennent le mieux.

A près l’accouchement, les premières règles surviennent généralement dans un délai de six à 24 semaines. Toutefois, une ovulation peut avoir lieu même en l’absence de menstruation. C’est très rare. Mais ce n’est pas exclu et peut laisser supposer une nouvelle grossesse. C’est pourquoi il est préférable, en accord avec votre médecin, de prendre des précautions contraceptives. Pendant l’allaitement, les spécialistes déconseillent la prise d’hormones. Certains recommandent les préparations faiblement dosées en hormones, telle la minipilule. Votre gynécologue sera à même de vous conseiller la méthode de contraception qui vous conviendra le mieux. Une chose, cependant, est claire: le moyen de contraception idéal – sûr à 100 % et sans effets secondaires – n’a toujours pas été inventé. C’est la raison pour laquelle il s’agit de comparer les avantages et les inconvénients de chaque méthode et de trouver celle qui convient le mieux, notamment en fonction de l’âge et de la situation de vie.

Les méthodes classiques
La pilule reste le moyen de contraception le plus usité. Elle est un composé de deux hormones femelles, l’oestrogène et la progestérone, qui empêchent le corps de produire ses propres hormones et inhibent ainsi l’ovulation. Elle offre une grande sécurité mais présuppose une prise régulière. Les pauses préconisées autrefois ne sont plus nécessaires, car les pilules sont moins fortement dosées. Dans quelques rares cas, le fait de prendre la pilule augmente le risque de thrombose. Cela concerne essentiellement les femmes qui fument et celles qui souffrent d’obésité ou d’hypertension artérielle. Les gynécologues recommandent à ces femmes de renoncer à la pilule.

La minipilule est une préparation à base de progestérone qui sollicite moins l’organisme que la pilule classique et qui peut être prise même pendant l’allaitement. La minipilule cependant pardonne moins d’erreurs que la pilule, c’est-àdire qu’elle doit être prise tous les jours à la même heure, ce qui, à long terme, ne convient qu’aux femmes très disciplinées ayant un rythme de vie bien réglé.

De même que la minipilule, l’injection trimestrielle ne contient que de la progestérone. Elle est administrée par voie intramusculaire et agit, comme son nom l’indique, durant trois mois. Son grand avantage par rapport à la pilule vient du fait qu’il n’est plus nécessaire de penser à la prise quotidienne et que les oublis peuvent ainsi être évités. Mais, contrairement à la pilule, une femme qui ne supporte pas l’injection trimestrielle ne peut l’éliminer immédiatement et doit attendre trois mois que son effet s’estompe. Puis, il peut s’écouler un laps de temps relativement long jusqu’à ce que le rythme menstruel se normalise à nouveau. Cette méthode est surtout conseillée aux femmes qui n’envisagent pas de grossesse dans un proche avenir.

Le stérilet est un petit appareil en plastique auquel a été ajouté du cuivre. Il est placé à l’intérieur de l’utérus par le gynécologue, où il peut rester jusqu’à trois ans. L’action du cuivre rend les spermatozoïdes infertiles. Si, exceptionnellement, un ovule est néanmoins fécondé, le stérilet empêche sa nidation dans l’utérus. Le stérilet a réussi à s’imposer comme une méthode relativement fiable.

Certaines femmes peuvent toutefois présenter une allergie au cuivre. Bien que faible, le risque de stérilité après le retrait du stérilet existe. C’est la raison pour laquelle les médecins déconseillent cette méthode aux patientes qui n’ont jamais eu d’enfant. Les femmes dont les saigne ments menstruels sont abondants et douloureux sans stérilet de vraient renoncer à cette option, car la présence du stérilet dans l’utérus a tendance à aggraver ces symptômes.

Arrivés définitivement au terme de leur planning familial, bien des couples se décident pour la stérilisation. Chez la femme, l’intervention pratiquée sous anesthésie consiste à ligaturer les trompes. La stérilisation de l’homme, la vasectomie, est plus simple à pratiquer que celle de la femme. Par une brève inter vention, les deux canaux déférents sont sec tionnés de manière à éviter la présence de spermatozoïdes lors de l’éjaculation. Bien que cette intervention n’ait aucune influence sur la puissance sexuelle de l’homme, elle peut engendrer des problèmes d’ordre psychologique chez certains patients. Pour les couples qui ne souhaitent pas avoir d’(autres) enfants, cette forme de contraception est idéale. Si le désir d’avoir un enfant resurgit, cela peut poser un problème car l’intervention chez la femme n’est réversible que dans des cas exceptionnels. La vasectomie est définitive, des anticorps se formant après un à deux ans contre les spermatozoïdes.

Les méthodes mécaniques
Le préservatif a l’avantage de ne devoir être utilisé que lorsqu’on en a besoin. D’autre part, il protège également des maladies sexuellement transmissibles, tel le SIDA. Lors de la relation sexuelle avec un préservatif, de nombreux hommes et femmes ressentent une diminution de leurs facultés sensitives. Un autre aspect problématique: même en l’utilisant depuis longtemps, personne n’est à l’abri d’un accident. En effet, il peut toujours arriver que le préservatif glisse ou se déchire.

Le préservatif féminin ou Femidom est également un moyen de contraception local. Il s’agit d’une gaine cylindrique, fermée à l’une des extrémités pour empêcher le passage des spermatozoïdes, que la femme insère dans son vagin. Comme le préservatif masculin, le Femidom prévient les maladies sexuellement transmissibles. De plus, il permet à la femme de gérer elle-même sa contraception. L’expérience montre malheureusement que sa mise en place n’est pas très aisée et engendre parfois des erreurs d’application. Certaines utilisatrices et leurs partenaires se plaignent en outre du bruit provoqué par la gaine lors des rapports sexuels.

Peu utilisé en Suisse, le diaphragme constitue pourtant un moyen de contraception très répandu dans d’autres pays, comme aux Etats-Unis par exemple. Il s’agit d’un capuchon en latex qui est placé dans le vagin et couvre le col de l’utérus. Utilisé en association avec un spermicide dans la membrane, il empêche les spermatozoïdes de pénétrer dans l’utérus. Sa mise en place doit être prescrite par un gynécologue. Le diaphragme peut être inséré dans le vagin jusqu’à six heures avant le rapport sexuel et y rester jusqu’à six heures après. Les problèmes les plus fréquents observés dans l’utilisation du diaphragme sont les suivants: déplacement, mauvaise installation ou réactions allergiques aux spermicides.

Les méthodes naturelles
Sont considérées comme méthodes naturelles la méthode des températures, la méthode du calendrier (Ogino-Knaus) et la méthode de la glaire cervicale.

Ces méthodes sont souvent utilisées en combinaison pour augmenter leur fiabilité. Outre le fait qu’elles ne coûtent pas cher, elles ont un autre point commun, à savoir que la femme doit observer son cycle pour pouvoir déceler ses jours fertiles. Quant au taux d’échec relativement élevé de ces méthodes, il est à mettre au compte de la grande autodiscipline qu’elles exigent: il faut mesurer la température à heure fixe, faire preuve d’abstinence durant les jours fertiles ou employer un autre moyen, par exemple un préservatif ou le diaphragme. Ces méthodes conviennent surtout aux femmes qui voyagent peu, mènent une vie très réglée et dorment suffisamment. Elles peuvent également être utilisées par des personnes qui n’ont pas besoin d’une contraceptiontrès sûre dans la mesure où elles projettent d’avoir encore des enfants.

Les nouvelles méthodes
Depuis quelques années, des ordinateurs contraceptifs facilitant l’application de la méthode des températures sont apparus sur le marché. Tous les appareils courants fonctionnent selon le même  principe, raison pour laquelle, aux yeux des experts, les différences de prix oscillant entre 180 et 1300 francs ne se justifient pas. Les modèles les plus récents permettent également de mesurer la valeur LH (LH = hormone lutéine) au moyen de bandelettes réactives trempées dans les urines. Peu avant l’ovulation, le taux de cette hormone augmente. Mais cette élévation se produit 48 heures environ avant l’ovulation et les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à quatre à cinq jours! Des spécialistes tel le docteur Pierre Villars, gynécologue à Zurich, conseillent de ne pas acheter l’ordinateur contraceptif par le biais d’une maison de vente par correspondance, mais de s’informer préalablement auprès d’un médecin.

Le stérilet hormonal Mirena offre une protection comparable à celle de la pilule. Il contient une substance appelée lévonorgestrel, un progestatif de synthèse qui est diffusé lentement et régulièrement. Un petit cylindre élastique en matière plastique est introduit directement dans la cavité utérine. La mise en place se fait pendant les règles, le col de l’utérus étant plus ouvert et plus mou, ce qui facilite l’introduction et réduit les douleurs pour la patiente. L’emplacement du stérilet est ensuite contrôlé par ultrasons. Un examen est indiqué six semaines après la pose, puis un contrôle annuel suffit. Le stérilet hormonal assure une contraception sûre durant près de cinq ans. De petits saignements peuvent survenir au cours des premiers mois. En cas de saignements abondants, ce qui est rare, on consultera un médecin.

L’implant contraceptif (Implanon) constitue lui aussi un moyen aussi sûr que la pilule. Il s’agit d’un petit bâtonnet en plastique, implanté directement sous la peau de la face interne du bras, qui contient un progestatif diffusé chaque jour. Comme la pilule, Implanon bloque l’ovulation et modifie la consistance de la glaire cervicale, empêchant ainsi l’ascension des spermatozoïdes. Il est efficace pendant trois ans. Une intolérance à la progestérone peut se manifester par d’importants saignements irréguliers et de l’acné. Implanon convient aux femmes qui désirent planifier une conception sûre de longue durée, qui ne souhaitent pas prendre d’oestrogènes ou ne les supportent pas.

Evra, un contraceptif sous forme de patch, est disponible depuis peu. Comme la pilule, il libère une combinaison d’hormones, oestrogènes et progestérone, dans la circulation sanguine. Après sept jours, on le remplace par un deuxième patch. Prendre une douche, nager ou aller dans un sauna n’entravent pas son effet. De couleur chair, le patch est très mince, mesure 4,5 sur 4,5 cm et n’est donc pas très esthétique. Evra ne convient pas aux fumeuses, aux femmes pesant plus de 90 kilos ou à celles souffrant d’affections cutanées.

Flexible et en matière plastique, l’anneau vaginal NuvaRing libère autant d’oestrogènes et de progestérone qu’une pilule faiblement dosée. Son diamètre est de 54 mm. La femme peut insérer elle-même l’anneau dans son vagin et le retirer après trois semaines, la quatrième semaine correspondant à celle de la menstruation. Au début de la cinquième semaine, le cylcle recommence et la femme réinsère un nouvel anneau. L’usage de NuvaRing exige beaucoup de discipline: il doit toujours être inséré le même jour de la semaine, à la même heure. Quant au confort, vingt pour cent des femmes ayant testé l’anneau et trente pour cent de leurs partenaires ont déclaré avoir senti la présence de l’anneau vaginal durant la relation sexuelle.

Infos:

  • Le site Internet www.gynweb.ch vous permet de trouver un gynécologue dont le cabinet se trouve à proximité de votre domicile.
  • La brochure «Tout ce que je désire savoir sur la contraception» trouve sa place dans chaque sac à main. Elle est éditée en français, allemand et italien. Vous la trouverez dans la plupart des cabinets de gynécologie de Suisse où elle est mise gratuitement à disposition.

créée par Nadia Fernandez